Seule au monde
Chapitre zero
AU BERCEAU
C'était bizarre, je voyais tout d'en haut. J'étais montée me coller le dos au plafond, comme une bulle de savon. Et je parlais, disais, m'expliquais… mais personne ne comprenait. Enfin, je pouvais dormir! Comme c'était bon, dormir! On avait l'impression que ça n'allait pas finir…
Il me prit dans ses bras[…]sur le lit dans la grande chambre sombre aux rideaux tirés. Il couvrait de baisers mes mains et mon visage… - Mon amour, je n'aime que toi, tu es la seule au monde! Je reconnaisssais si bien sa voix. Comme elle était belle! Si douce! Si musicale! C'était comme si je ne m'étais pas éveillée...
Au loin retentit une voix que je ne connaissais pas. - Catherine! Je me rendis compte que je ne dormais pas, je planais dans la chambre. - Catherine! Catherine! L'air s'entrouvrait. Quelqu'un était là, qui voulait me prendre dans ses bras et m'appelait comme ça… - Catherine! C'est alors que je lui entendis dire pour la première fois. À travers un brouillard, une tempête, un orage de sons, il prononçait mon nom. - Qu'est-ce que tu as, CATHERINE, pourquoi tu pleures ? il disait. Vraiment, Germaine, je suis désolé, je ne sais pas ce qui lui prend d'un seul coup ! - Ne t'inquiète pas, Pierre ! disait Germaine, déçue. Ce n'est pas grave ! - Si ! disait Pierre. C'est vachement ennuyeux ! Apaisée, je regardai l'inconnue. Au pied du grand lit, au fond de la chambre sombre, une dame s'affligeait… Alors, comme ils s'éloignaient, je me sentis seule, bien seule, et je frissonnai.
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